« Un soir j’ai assis la beauté sur mes genoux » Le bar Floréal.photographie : 1985-2015 au Pavillon Carré de Baudoin.

Ainsi, se termine l’aventure du Bar Floréal. L’aventure photographique des membres du collectif, elle, continue. Et l’on souhaite qu’elle dure le plus longtemps possible.

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En pénétrant les salles du Pavillon Carré de Baudoin qui abrite actuellement une exposition consacrée à l’aventure du Bar Floréal, on est d’emblée attiré par un mur d’images en forme de mosaïque qui accueille un ensemble d’images témoins de cette aventure.

En plus de l’aspect esthétique de l’ensemble qui rappelle des collages de Harry Callahan, on est ému par la vision de ce condensé de 30 ans d’aventures photographiques et de tout ce que cela peut évoquer d’histoires humaines.

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Extrait du cartel :  » Mais ici pas de mur de Lamentations. Certains arrivent à s’en sortir. Et c’est tant mieux. »

De l’autre coté de ce mur, des travaux très divers des membres de ce collectif parsèment les murs. De plus grand format cette fois, des assemblages d’images qui font surgir la singularité des regards qui composaient le collectif.

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Crédits : J-P Vallorani, Ivresse, Alger, 2004. Nicolas Quinette, le singe, Bénarès, 2006. André Lejarre, Usine Citroën en grève, Aulnay-sous-Bois, Mai 1982. Mara Mazzanti, Erika prostituée dans le bois de Boulogne, 2011. Laetitia Tura, La Valla, Aguadu, Melilla, 2008.

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Dans la suite du parcours est exposé le riche travail d’expositions, de sensibilisation, d’édition et de productions d’œuvres des 30 années d’existence du Bar Floréal.

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Pêle-mêle on y voit avec plaisir, des affiches d’expos, des images de vernissage d’une exposition sur Belleville avec Willy Ronis et Robert Doisneau, des images d’une série « Images de la Femme ».

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Par la suite, dans les escaliers on peut aussi voir aux murs ce qu’il ne s’appelait pas encore des newsletters, les brochures des programmes du collectif.Sur l’une on trouve un court texte de Julien Gracq. C’était une autre époque semble-t-il.

L’on arrive ensuite dans la dernière partie de l’exposition consacrée aux travaux récents  réalisés par les membres du collectif.

Parmi les séries présentées domine le thème de l’intime. Contrairement à une idée reçue peut-être, le collectif n’œuvrait pas seulement dans le champ social. De fait, au regard des séries exposées, le travail sur des thèmes de société et de l’intime ne s’excluent pas. Au contraire, l’un sublime  bien l’autre. C’est une évidence aujourd’hui, c’est en évoquant l’intime que l’on touche à l’universel.

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Un automne en hiver. Frontière Espagne-Portugal 1993. De la série Vagabondes d’Eric Facon.

 

 

Des formes et des récits différents se donnent à voir. Eric Facon suit le rythme des saisons au gré des paysages et des personnes qu’il rencontre pour former un récit fragmentaire, d’autres comme Bernard Baudin dans « lignes de vie » tient un journal en images de sa vie de cheminot et de photographe. Il y narre au fil des 40 dernières années les évolutions de son métier et de sa pratique photographique.

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Bernard Baudin, Lignes de Vie, 1976-

 

Quant à André Lejarre, dans la série « 3 artistes de l’atelier du non faire », il expose son travail sur l’atelier aujourd’hui fermé et qui abrite toujours 8 000 peintures réalisées par des anciens patients psychiatriques. A trois d’entre eux, Antoine, Sabine et Shiki il a demandé de travailler sur leurs portraits photographiques. Ce travail proche de l’art brut dénote la générosité et l’engagement citoyen du photographe dans sa pratique photographique.

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Ensuite une série exposée retient plus spécialement l’attention. Il s’agit du journal intime de Nicolas Quinette entre janvier 2015 et janvier 2016. Dans ce travail à la manière d’un diariste-photographe, le photographe prélève des images, fortes ou moins fortes, de sa vie et de celle de ses proches qu’il noircit de ses écrits à la marge des images.

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Disons le directement, certaines images de cette série produisent un effet proche de la sidération. L’intime ainsi exposé est difficile à appréhender par le regardeur. Être quelque peu choqué ou fasciné par une image, n’est certes pas l’état idéal pour recevoir l’image dite. Cependant, passé ce premier état de choc, on reste toutefois admiratif devant l’exercice d’honnêteté absolue du photographie qui ainsi (s’)expose et se livre pleinement à notre regard bienveillant.

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Ainsi, se termine l’aventure du Bar Floréal.

L’aventure photographique des membres du  collectif, elle, continue. Et l’on souhaite qu’elle dure encore longtemps.

Le lien vers le lieu : http://www.carredebaudouin.fr/2016/04/le-bar-floreal-2/

 

 

 

 

 

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