Fiction

Le talent est affaire de technique et aussi de chance. Les circonstances favorables qui permettent une accumulation de sens plus ou moins cachés promis à l’éclosion plus tard, au moment propice, telle une fleur déploie sa splendeur sous nos yeux à la lumière du jour qui se lève.
Ce portrait de l’actuel président élu date de 2014, l’époque où il n’était qu’un rouage plus ou moins important de la machinerie politique qui portait le poids d’un mandat déjà bien entamé du futur ancien président.
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On dit beaucoup de choses des images, qu’elles sont parlantes, qu’une images vaut mille discours, toutes choses égales. On peut préférer les images muettes parce qu’elles sont assez complexes et nous dominent par le sens qu’on pourrait en déduire à notre convenance. C’est le jeu et chacun peut y jouer à sa guise.
Et puis il y a les images formidables embrayeur de fiction. Fiction car toute image est affaire de projection, la prescience du photographe aidé en cela par les circonstances est d’en proposer un ensemble de projections possibles non équivoque.
On imagine les quelques minutes offertes au photographe pour la réalisation du portrait, un rapide coup d’œil au décor environnant et puis le choix, l’incertitude et la décision, Ici et advienne que pourra.
En 2014, donc, Bruno Charoy réalise ce portrait d’Emmanuel Macron. De face cadré un peu large sur fond blanc. Des couleurs légèrement saturées accentuant la carnation de la peau nous donne à voir un homme dans la force de l’âge, nous regardant d’un œil fixe, d’un regard vide singeant une confiance en soi se donnant à voir comme inébranlable.
Sur de sa force, le genou plié et remonté fermement contenu par les mains dans une attitude de défi. Une force tendue prête à se déchaîner, attendant son heure.
Sur fond blanc, le modèle au centre gauche (déjà) de l’image surgit tel un passe muraille avec sa chemise blanche du fond blanc derrière lui. Ce mur blanc immaculé qui barre l’œil à la droite n’offrant aucune échappatoire. Ce mur impasse d’où il surgit pour nous en offrir un visage supportable et humain.
La seule issue pour l’œil se porte à gauche. Les couleurs chaudes de pénombre y sont plus accueillantes.
A gauche, la lumière. Le couloir est un peu sombre mais offre une belle promesse. Quelques pas seulement pour se soulager un peu du face à face stérile qui se propose à nous.
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