Exposition Josef Koudelka « La Fabrique d’Exils », une fabrique de soi?

La galerie de photographies du Centre Pompidou présente une exposition consacrée au photographe français Josef Koudelka. Accolé à son nom, la notion de nationalité est ici affaire purement administrative, tant son travail reste d’une part marqué par la Tchécoslovaquie et plus particulièrement son invasion par l’armée soviétique et les voyages successifs d’autre part.

Cette notion d’exil matérialisée par une volonté incessante faite nécessité de voyager est le sujet principal de cette exposition.

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Albanie, 1994.

Par rapport à la position importante et l’âge avancé du photographe, exposer son travail présente deux possibilités : soit monter une rétrospective complète telle que l’a fait la fondation Mapfre à Madrid dernièrement.

L’autre option possible, celle choisie par le Centre Pompidou, est d’axer l’exposition sur un thème resserré qui traverse la longue carrière de Koudelka, ici l’exil.

Exposer l’exil, c’est montrer un point de départ et l’absence de destination. A cet effet, l’originalité de l’exposition est de présenter des photographies inédites où Koudelka se montre endormi dans son couchage ou celui-ci seul à divers endroits isolés voire désolés.

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Europe 1976-1983.

Toutefois, la partie principale de l’exposition comprend diverses photos très connues de Koudelka dans de très beaux tirages qu’il est réjouissant de voir ou de revoir. La majorité  des images sont remarquables. Fruit du regard de l’artiste et de son implacable travail de sélection sur la base de dizaines de milliers d’images faites.

Reste maintenant à savoir ce que m’inspiraient les inédits présentés. A vrai dire, ils sont d’un intérêt limité. Ce n’est pas manquer de respect à cet immense photographe que de dire que je préfère plutôt qu’il regarde les autres plutôt que lui même.

Dans des petites mises en scène où il fait semblant de dormir un peu partout dans des conditions spartiates, ces images ne dépassent le stade anecdotique. Figurer l’exil par des conditions de couchages spartiates est réducteur et peu convaincant.

Ci-dessous, de la série Réveils 1981-1986.

Ainsi, il flotte comme air de malentendu dans le titre de cette exposition qui laisse penser qu’il s’agit d’une exposition d’ordre génétique sur la fabrication du plus fameux livre de Koudelka « Exils » alors qu’en réalité il s’agit surtout de figurer un (auto)portrait du photographe âgé en éternel exilé.

Ce décalage ajoute quelque peu à la déception suscitée par l’exposition eu égard à l’œuvre de Monsieur Koudelka.

Le site de l’exposition : https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-3924d10a6e0d25f2e7641d9eee3ada&param.idSource=FR_E-3924d10a6e0d25f2e7641d9eee3ada&param.seance=20170226

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