Exposition « Mise au Poing », 30 ans de combat contre l’exclusion à l’Espace Topographie de l’Art.

Il y a trente ans, Médecins du Monde, qui œuvrait surtout à l’international a étendu son champ d’action à la lutte contre les exclusions en France.

A cette occasion, l’Espace Topographie de l’Art expose les travaux inédits de six photographes : d’Alberto Garcia-Alix au Néerlandais Henk Wildschut, du Belge Cédric Gerbehaye aux Français Valérie Jouve ainsi que Claudine Doury et Denis Rouvre. Les photographies sont accompagnées de textes de Jean-Luc Nancy, Natasha Wolinski et Camille Laurens.

Topographie de L’art est un espace brut qui présente régulièrement des expositions de grand intérêt. C’est aussi le cas cette fois-ci.

Alors bien sûr on préférerait ne plus voir de travaux actuels sur l’exclusion mais en l’état et tant qu’à faire, cette exposition évite tout misérabilisme ou esthétisme obscène à propos d’un sujet toujours difficile à appréhender.

En effet, comment témoigner de l’exclusion sans céder à la facilité de l’aborder par un biais larmoyant qui ajouterait la misère de l’art à la misère humaine.

Pour ce faire, les artistes exposés se focalisent sur des êtres au singulier, parfois de façon frontale, d’autres fois de façon plus discrète lorsque cela s’avère nécessaire.

Dans le parcours de l’exposition, on peut écouter les témoignages directs, sonores ou écrits des sujets photographiés. C’est le point commun à tous les travaux exposés sauf un, la série de Claudine Doury.

Bien sûr, certains travaux comme la série de C.Gerbehaye sur des enfants migrants isolés à Rouen, où la dureté des vies se trouve adoucie par un noir et blanc net et presque sensuel mais arêtes tranchantes, affirme avec force qu’il n’est pas nécessaire de faire laid pour témoigner de la laideur morale de notre monde. Ni les sujets ni la photographie n’en sortiraient grandis.

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Terry 14 ans originaire du Nigéria se promène au château de Caen. C.Gerbehaye.

Alberto Garcia-Alix, opte comme à son habitude pour des portraits cadrés serrés qui restituent avec efficacité un sentiment d’enfermement des sujets de ses images dans un univers comme fermé sur lui même et donc excluant. Toujours, le cadre haut de l’image enserre la tête des personnages jusque parfois les tordre ou les faire ployer sous le poids on le devine de quelques souffrances passées ou actuelles.

(En bas à gauche, Pierre, à droite Gaëlle, A.Garcia-Alix).

 

Comme je le disais plus haut, le point commun aux travaux exposés est ici le témoignage. Le témoignage des photographes sur une dure réalité faite d’exclus vues de près. Et le témoignage direct, sonore ou écrit, de ces mêmes sujets en souffrance.

Ce compagnonnage pose évidemment la question de la capacité de témoignage direct de la photographie dans le champ social en donnant la parole au sujet.

En l’état, elle donne surtout un visage à des paroles recueillies sans quoi l’image ne serait qu’une tentative incomplète de voir la souffrance de l’autre. Les témoignages de ces autres ainsi recueillis et partagés sont poignants.

Le site de l’exposition : http://www.topographiedelart.fr/medecins-du-monde.html

 

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