Exposition « Sur la Ligne » de Michel Vanden Eeckhoudt à la galerie Fait & Cause.

La galerie Fait & Cause à Paris présente jusqu’au 18 février 2017 une sélection de 24 tirages du photographe Michel Vanden Eeckhoudt issus des collections du Centre Régional de la Photographie des Hauts-de-France.

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En effet, dans le cadre la Mission Photographique Transmanche n°17, le photographe belge disparu en 2015, a réalisé la série « Sur la Ligne » entre 1992 et 1994. La mission ayant pour thème la frontière qui sépare la France et la Belgique, il semble presque naturel qu’il ait été fait appel à lui. Et ce d’autant plus lorsque l’on revoit ses travaux plus anciens où s’y manifeste déjà sa sensibilité sociale et sa curiosité. C’est en effet avec la même tendresse, la même ironie chaleureuse dénuée de tout cynisme que M.Vanden Eeckhoudt pouvait portraiturer ses sujets, humains et animaux confondus.

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Poste d’Octroi Risquons-Tout, France 1991.

Revenons un peu sur la commande exposée autour de cet entre-deux artificiel : la frontière franco-belge qui n’est marquée par aucun obstacle bien défini. Cette région, qui va du nord de la France au sud de la Belgique si je puis dire, et qui voyait disparaitre peu à peu ses industries minières et sidérurgiques en même temps que les barrières douanières qui la traversait; Le photographe a porté son regard sur ce continuum spatial en se focalisant sur ses habitants, les lieux de fête et les espaces de vie qui les rassemblent.

A la vue de ces images où l’humour chasse la certitude de la catastrophe à venir, de ces portraits de personnes inscrites dans un territoire dont le tissu socio-économique se désagrégeait, s’ajoute le sentiment que ces photographies semblent aussi d’un autre temps aujourd’hui lui aussi disparu. Un temps où la bienveillance ne se confondait pas avec la mièvrerie ou le misérabilisme.

Ces images campent une position de constat où une forme de compassion s’inscrit pleinement dans le regard porté sur une réalité. Celui du photographe bien sur et donc nécessairement celui du regardeur aussi. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir les regards confiants sur le visage de certains sujets saisis.

DENAIN, FRANCE 1993
Denain 1993.

Le sens de la composition et l’intuition de la bonne distance, sans jugement aucun, sont ici à l’œuvre. Cette compassion n’obère cependant pas les difficultés de la vie qui affleure à la surface sur certains visages. C’est donc à un constat lucide mais plein d’empathie et d’humour que se livre le photographe dans cette série.

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Hornu, 1992, Belgique.

C’est cette émotion-là, bienveillante et toujours chaleureuse qui se dégage des images de Michel Vanden Eeckhoudt que l’on garde en soi après avoir vu ses photographies. Qu’il me soit pardonné cet accès de sentimentalisme : Il y a des photographes que l’on a pas connu et dont on se dit après avoir vu ses images qu’il ou elle était surement une belle personne en plus.

Le site de l’exposition : http://www.sophot.com/fr/galeries/FC_actus.php

 

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