La fille Inconnue de Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne.

 

J’ai vu ce week-end le dernier film des frères Dardenne. J’y allais sans attente particulière. Il en va de certains cinéastes comme les Dardenne ou Woody Allen comme de certains chefs de cuisine. Leurs noms sont une sorte de marque déposée, on en connaît à peu près les ingrédients mis en œuvre mais on se demande comment ceux-ci vont être préparés et assemblés. Et si le résultat sera à notre goût.

Synopsis : Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de l’identifier, Jenny n’a plus qu’un seul but : trouver le nom de la jeune fille pour qu’elle ne soit pas enterrée anonymement, qu’elle ne disparaisse pas comme si elle n’avait jamais existé.  Source : Allociné.

L’action : le film s’ouvre sur une scène bouleversante qui explique la raison d’être de ce film et du cinéma des Dardenne en général.

Il s’agit d’une jeune médecin qui ausculte le dos d’un malade. Le médecin est de profil, le patient nous tourne le dos. Le son direct est assourdi, à un moment donné on n’entend plus que la respiration malaisée du patient.

Par cet effet simple de mise en scène, les frères cinéastes énoncent on ne peut plus clairement le projet du film. Ausculter et être à l’écoute non seulement de ce corps secondaire mais d’un corps social malade que les cinéastes belges n’ont cessé d’examiner depuis plus de vingt ans.

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Dans son développement, le film épouse le rythme de la quête de son personnage principal dont le moteur est de mettre un nom d’une disparue inconnue.

Le personnage se transforme au fur et à mesure de l’intrigue. Elle se consacre entièrement à soigner ses patients et à sa quête. Elle s’installe dans son cabinet devenu quasi monacal. Elle se nourrit d’offrandes de ses patients.

Alors oui le sous-texte religieux est très prégnant, elle devient une sainte sécularisée dévouée à une cause née d’une culpabilité non assumée. Cet attrait pour le schéma religieux  n’est pas vraiment une surprise dans le cinéma des Dardenne. Il suffit de revoir la Promesse par exemple pour s’en convaincre.

Les sceptiques diront qu’on en sort toujours pas d’un schéma religieux. Les autres dont je fais résolument partie diront qu’il s’agit là d’une fiction dont on sait depuis la nuit des temps qu’elle peut servir un effet cathartique peu importe les ressorts dramatiques.

Voir un personnage qui s’obstine à soigner, écouter et ne pas abandonner une quête humaniste fusse-t-telle schématiquement religieuse, m’a beaucoup touché.

Et puis la compassion et l’attention qui peuvent être portées à l’autre plus faible sont des affaires beaucoup trop sérieuses pour être laissées aux seuls ecclésiastiques.

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