Ecrire avec la lumière : Focus sur les photographies d’Awoiska van der Molen.

Pas de revue d’exposition cette fois-ci mais quelques mots à propos du travail de la photographe néerlandaise Awoiska van der Molen.

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Pas de revue d’exposition cette fois-ci mais quelques mots à propos du travail de la photographe néerlandaise Awoiska van der Molen.

Avant d’évoquer son travail, un rapide détour par l’article Wikipédia sur la photographie :

 » Le mot « photographie » a été créé par John Herschel et provient de deux racines d’origine grecque :

  • le préfixe « photo- » (φωτoς, photos : lumière, clarté) — « qui procède de la lumière », « qui utilise la lumière » ;
  • le suffixe « -graphie » (γραφειν, graphein : peindre, dessiner, écrire) — « qui écrit », « qui aboutit à une image ».

Littéralement : « peindre avec la lumière ».  »

Pourquoi citer cet article? L’étymologie (re) donne un sens précis à des mots couramment utilisés et qu’il n’est pas inutile de se remémorer parfois. De plus, il se trouve  que cette définition sied particulièrement au travail d’Awoiska van der Molen. Non pas que le travail de certains photographes soit plus conforme que d’autres à cette définition mais les préoccupations et les recherches des uns et des autres et les voies pour y parvenir sont différentes et c’est heureux.

Ainsi et pour revenir au sujet qui nous intéresse, dès ses premiers travaux de portraits au début des années 2000, on remarque une attention particulière à la lumière.

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série Three brothers n-d.

D’emblée ce qui attire l’œil dans ses images, outre son aspect figuratif et le travail de composition, c’est la large gamme de valeurs du blanc au noir en passant par les gris.

Cette sensibilité sera de plus en plus marquée et affirmée dans ses travaux suivants. L’interaction habituelle du noir et du blanc y sera quelque peu redéfinie.  En halo ou diffuse, rasante ou pénétrante, la lumière  est la préoccupation principale de la photographe. L’aspect figuratif de l’image n’est que la conséquence de cette recherche.

Techniquement, les longs temps de pause, le choix de photographier aux aurores ou à la tombée de la nuit accentuent cette focalisation. A l’image la lumière est quelquefois fixée à l’aide d’éléments naturels, brouillard ou autres nuages.

aw nr. 323-7  2014
n° 323-7, 2014.

Ailleurs, des bâtiments ou des arbres font office de réceptacle à cette lumière.

2
n° 143-18, 2004/2008.

Bien sûr, il n’est pas question d’affirmer que la quête de l’artiste est une simple mise en lumière d’un espace donné. Ce serait simpliste et réducteur. Le chemin emprunté ici est celui de se servir figurativement de la lumière dans le sujet même de l’image.

Autrement dit, il est ici tenté de donner figuration à un élément on ne peut plus abstrait à figurer, la lumière. Faire passer la lumière du rôle d’outil à celui de sujet, c’est le défi totalement réussi de ce travail.

aw nr. 367-7   2013

Toujours à cette quête, son travail se fait parfois plus abstrait. Traquer la lumière c’est aussi se confronter à son absence.

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n° 394-18, 2015.

Dans ses travaux les plus récents s’opère un  élargissement. La lumière saisie de plus près y est plus blanche et plus diffuse.

aw nr. 373-7  2015
n° 373-7, 2015.

Les gris s’y font plus présents. Sa photographie se fait d’avantage figurative. Comme si le regard de la photographie appréhendait plus facilement la lumière dans toute son ampleur.

3
n° 413-16, 2015.

Ainsi, loin d’un certain académisme dévitalisé qui parfois réduit la photographie noir & blanc à une vaine opposition entre ses deux couleurs figées, le travail de l’artiste néerlandaise renoue avec un rapport plus ancien au paysage.

En effet, un regard sensible peut aisément faire le lien avec la vision sublime de la nature chère aux romantiques allemands.

Pour peu que l’on soit sensible à cette vision, on ne peut que se réjouir que cette actualisation s’opère ici aux moyens esthétiques de la  photographie.

Les espaces  en creux de ces images sont ainsi un piège pour le regardeur. Comme ils l’ont été sans doute pour l’œil de la photographe.

Le vaste espace propice à la projection est aussi un espace de méditation et de réflexion sur le rôle de la lumière dans le paysage en photographie. Et qu’il est doux d’être plongé dans cette réflexion.

 

Le site de l’artiste : http://www.awoiska.nl/pages/page.php?page=home

Le compte instagram de l’artiste avec de belles choses à voir : https://www.instagram.com/awoiska_vdm/

 

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