Terres d’exil de Jean-François Joly à la Mep.

Ainsi, dans la continuité de son travail sur les marginaux, les toxicomanes et les exilés de l’intérieur et de l’extérieur, cette fois-ci Jean-François Joly documente en une trentaine de tirages en noir & blanc réalisés en Europe les conditions de vie des Roms en Roumanie, au Kosovo, en France et en Macédoine entre 1998 et 2013.

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Après avoir évoqué dans un précédent billet l’exposition « So long China 1982-2015 » de Patrick Zachmann, continuons la revue par l’autre exposition phare de la Mep actuellement « Terres d’exil » de Jean-François Joly.

Ainsi, dans la continuité de son travail sur les marginaux, les toxicomanes et les exilés de l’intérieur et de l’extérieur, cette fois-ci Jean-François Joly documente en une trentaine de tirages en noir & blanc réalisés en Europe les conditions de vie des Roms en Roumanie, au Kosovo, en France et en Macédoine entre 1998 et 2013.

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Premier constat factuel à la vue de ces images, ces conditions sont peu ou prou les mêmes dans l’ensemble de ces pays. Évidemment, il serait tentant d’arguer qu’il s’agit là d’une focalisation partiale et partielle de la part du photographe ou du regardeur. Cependant, un rapide coup d’œil à l’un des camps de Roms à la périphérie de nos villes  suffirait de nous instruire  à ce sujet.

Sous les auspices des pionniers de la photographie sociale, notamment les américains, et des moyens esthétiques mis en œuvre dans ce travail : le noir & blanc qui happe le regard en évitant de le distraire, l’arrière-plan flou qui rejette quelque peu les contextes comme autant de justifications locales, la frontalité des regards.

Ces moyens s’avèrent aussi efficaces que moralement soutenables lorsqu’il s’agit de montrer dans quelles conditions de misère des gens peuvent vivre aujourd’hui.

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Pour autant que ce travail soit nécessaire dans le contexte social et politique actuel en Europe, la force et la vigueur de ces images nous rappellent surtout et d’abord que le regard est toujours affaire de morale et que la morale en photographie est surtout affaire d’esthétique.

Outre la beauté du rendu résultant de  ces choix, ces travaux nous rappellent aussi à l’essentiel. Il n’y pas de communauté de réprouvés pré-existante mais seulement des individus privés de leur singularité au sein de leur environnement et à nos propres yeux.

A la mesure de ses moyens esthétiques, tout l’art du photographe est ici de la leur restituer. Et il y réussit admirablement.

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«Terres d’exil», à la Maison européenne de la photographie (MEP) jusqu’au 5 juin : http://www.mep-fr.org/evenement/jean-francois-joly-terres-dexil/

A signaler un diapo très intéressant publié dans Libé : http://next.liberation.fr/arts/2016/04/08/jean-francois-joly-sur-la-route-des-roms_1444388.

 

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