Dans l’atelier, l’artiste photographié au petit Palais

L’imposante exposition organisée par les Musées de la Ville de Paris au Petit Palais (plus de 400 photographies) se veut la première exposition de cette ampleur sur un sujet plus souvent traité de façon partielle précédemment, les photographies d’ateliers d’artistes. En effet, il est rare aujourd’hui qu’une petite section photographique soit absente d’une exposition de peinture ou de sculpture.

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L’imposante exposition organisée par les Musées de la Ville de Paris au Petit Palais (plus de 400 photographies) se veut la première exposition de cette ampleur sur un sujet plus souvent traité de façon partielle précédemment, les photographies d’ateliers d’artistes. En effet, il est rare aujourd’hui qu’une petite section photographique soit absente d’une exposition de peinture ou de sculpture.

Afin d’aborder un tel sujet qui embrasse toute l’histoire de la photographie de ses débuts jusqu’à nos jours, les commissaires de l’exposition présentent un parcours organisé en trois thèmes principaux : L’artiste en majesté, La vie dans l’atelier et Méditations photographiques.

Le découpage thématique ne brille pas par son originalité mais s’avère assez pertinent pour embrasser un parcours aussi touffu et dense.

La bonne idée des commissaires a été de rompre la monotonie en osant des rapprochements thématiques plutôt que chronologiques.

Le résultat de ces mises en perspective achroniques est assez heureux en ce sens qu’il permet de dégager des préoccupations communes par delà les époques et des postures sociales des uns et des autres.

Le début de l’exposition coïncide peu ou prou avec les débuts de la photographie. Le potentiel de construction sociale de la photographie a été très vite saisi par les peintres et sculpteurs désireux de construire aux yeux du public une image studieuse ou de prestige.

Le maitre en la matière est bien Edmond Bernard. Sont présentés plusieurs tirages de sa série de vues d’ateliers d’artistes contemporains (Artistes chez eux) faites dans la deuxième moitié du 19ème siècle.

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Plus loin, la photographie a pour but simplement de tenter de percer la mystère de la création dans l’atelier. Cette chimère poursuivie sans relâche depuis par de multiples photographes ou documentaristes.
Entre temps, la photographie a aussi accompagné à l’extérieur les peintres peignant sur le motif au plus près de la nature comme ici Camille Corot en 1871 saisi par Charles Desavary dans une savante mise en scène naturaliste du peintre abrité sous un parasol les cheveux au vent.
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Ainsi, si la photographie quitte l’atelier en compagnie de l’artiste elle ne quitte pas, loin s’en faut, une visée documentaire de simple mise en valeur de la geste créative.

De retour à l’atelier, quelques uns comme Léon Gimpel instille aussi de la fantaisie et un brin d’impertinence dans le tableau. Ici, chez le sculpteur Hypersens ( ça ne s’invente pas) dans un bel autochrome de 1911.

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Puis vient le thème du nu d’atelier, vaste sujet. Il semblerait en effet que la mise à nu du geste créatif soit souvent réduite à la mise à nu du modèle. Et ce thème est assez bien représenté. Le nu étant sans doute un biais aisé pour amener le public à s’intéresser à l’intimité de l’atelier.

Parfois, des images étranges surgissent dans le parcours, comme cette image d’anonyme chez le sculpteur. Rarement dans le parcours de l’exposition on ne peut se rendre compte, comme ici, à tel point que la création a à voir avec le désir.

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Aussi, quelques photos de l’atelier de Jeandel sont présentées pour le plus grand plaisir des amateurs.Le désir y était plus contraint.

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Doucement mais surement tout au long du parcours, percent des signes  d’autonomisation croissante de la photographie.

En effet, à la question sous-jacente de l’exposition, peut-il cohabiter deux créateurs, un photographe et un artiste, dans l’atelier photographié? La réponse positive la plus évidente surgit dans les autoportraits. En bas, à gauche Helmut Newton et à droite un auto portrait de Daniel Boudinet à l’agrandisseur. Ce ne sont plus seulement des peintres ou des sculpteurs au travail dans l’atelier mais des photographes.

Ainsi, ce à quoi on assiste en parcourant l’exposition c’est bien à la prise de pouvoir du photographe dans l’atelier. Il ne s’agit plus d’un rôle assigné au photographe d’atelier de subordonné mais de l’émergence dans l’atelier de création du photographe et de sa prise de pouvoir. A l’égal des autres artistes.

Le site du Petit Palais http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/dans-latelier

 

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